L’endométriose


L’endométriose est une maladie gynécologique fréquente qui touche une femme sur dix

Entre 2 et 4 millions en France et 180 millions de femmes dans le monde seraient atteintes d'endométriose. Pourtant, elle reste largement méconnue, même pour les médecins concernés au premier chef, les gynécologues, qui sont souvent peu sensibilisés et mal formés en France.

Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endomètre – muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus – se renouvelle constamment et s’évacue au moment de la période de menstruation s’il n’y pas eu fécondation, ce sont les règles. Les cellules endométriales remontent également par les trompes, se propagent à l’extérieur de l’utérus et sont détruites par le système immunitaire. 

Chez certaines femmes, ces cellules se greffent sur des régions où elles ne devraient pas se trouver : elles deviennent des cellules d’endométriose. A chaque cycle menstruel, elles épaississent et saignent, comme l’endomètre. Les saignements ne pouvant s’évacuer par le vagin, les cellules s’accumulent et forment des kystes sur les ovaires, des adhérences entre les organes et des lésions à la surface de l’abdomen.

Les difficultés du diagnostic

Parce qu’elle touche à l’intimité de la femme et qu’elle concerne les organes sexuels, cette maladie demeure taboue, ce qui complexifie encore son diagnostic, sa reconnaissance et son étude. Néanmoins, avec la prise de parole de personnalités médiatiques, une porte s’est ouverte depuis quelques années et les langues se délient. 

On ne connaît pas aujourd’hui les causes de l’endométriose. Des hypothèses concernant la déficience du système immunitaire sont avancées mais d’autres pistes sont étudiées. Les études sur l’hérédité en sont encore à leur balbutiement et les résultats demeurent plutôt flous. La difficulté de son diagnostic est également due à ses formes multiples et aux symptômes très différents selon les patientes. Le point commun des femmes souffrant d’endométriose est souvent la douleur, menant parfois jusqu’à l’évanouissement, lors des règles. 

Cependant, certaines patientes ne ressentent aucune douleur et ce n’est que par hasard, à l’occasion d’un examen de l’abdomen ou lorsqu’elles essaient vainement de tomber enceintes, que le diagnostic est posé.

Les conséquences de l’endométriose sur la vie quotidienne

L’endométriose a une influence extrêmement importante sur la vie des femmes et ses conséquences sont malheureusement parfois désastreuses. Outre la souffrance physique, la malade se heurte au scepticisme, voire à la suspicion. De nombreuses adolescentes sont accusées de feindre pour sécher l’école et les examens. Plus tard, on ne prend pas au sérieux leurs arrêts de travail. 

Et globalement, on leur reproche d’être mythomanes et de se plaindre sans arrêt à tel point que certaines en viennent à douter d’elles-mêmes et à se demander si tout cela n’est pas « dans leur tête ». Le désarroi de ces femmes est palpable et leur vie quotidienne en est extrêmement affectée. Elles sont souvent épuisées et très sensibles à la dépression.

En dehors des périodes de règles, les rapports sexuels peuvent être également très douloureux et pousser la femme à les redouter et donc les refuser. Cette raréfaction des rapports affecte le couple, d’autant que la maladie peut être interprétée comme un prétexte pour ne plus faire l’amour et déclencher un sentiment de rejet du partenaire. 

D’autre part, l’endométriose est la première cause d’infertilité et, si des traitements médicamenteux existent et s’il faut parfois en passer par la chirurgie, la maladie reste incurable. Cela induit une dévalorisation de la femme, incapable de remplir son devoir de mère, et augmente la tension dans un couple en manque d’enfant. L’endométriose implique un traitement médicamenteux hormonal qui va agir sur le comportement et certaines femmes témoignent d’agissements dans lesquels elles ne se reconnaissent pas et en viennent à se détester. Le conjoint devant subir les sautes d’humeur, l’apathie ou la virulence de sa partenaire est mis à rude épreuve.

Si elle est incurable, l’endométriose doit pourtant être traitée, sinon, elle s’aggrave. En revanche, elle a tendance à s’estomper quand arrive la ménopause. Un couple de chercheurs américains travaille depuis de nombreuses années sur deux molécules révolutionnaires et donne bon espoir à toutes les femmes souffrant d’endométriose.

Les tests effectués sur les souris sont probants et l’expérimentation sur des patientes devrait bientôt avoir lieu. De nombreuses associations existent aujourd’hui et les groupes Facebook sont très fréquentés par les malades qui ont besoin de soutien, d’écoute et d’entraide.

Définition et symptômes de l’endométriose


Découverte de l’endométriose

L’endométriose a été décrite pour la première fois en 1860 par un médecin pathologiste tchèque. Quarante ans plus tard sont découverts les kystes ovariens appelés endométriomes. Puis, en 1927, un médecin pose la théorie du reflux sanguin par les trompes. Mais depuis, aucune avancée majeure, cette maladie a été délaissée pendant près d’un siècle. 

D’ailleurs, les causes de la maladie ne sont toujours pas connues même si plusieurs pistes sont suivies, et on n’en sait pas davantage sur l’hérédité. Heureusement, depuis quelques années, la maladie est remise sur le devant de la scène et est plus étudiée, ce qui laisse espérer des évolutions dans son diagnostic et son traitement.

Comment fonctionne de l’endomètre

L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. Il fabrique les cellules endométriales et sa paroi se développe lors du cycle menstruel pour accueillir un embryon en cas de fécondation. S’il n’y a pas de fécondation, ces cellules vont être éliminées par le vagin, ce sont les règles. Elles remontent également par les trompes, se propagent à l’extérieur de l’utérus et sont détruites par le système immunitaire. C’est le cycle normal chez la femme.

Quel phénomène conduit à l’endométriose ?

Chez certaines femmes, l’évacuation par le vagin se passe normalement mais les cellules qui remontent par les trompes ne sont pas détruites par le système immunitaire - pour des raisons encore inconnues – et se greffent sur des régions où elles ne devraient pas se trouver : elles deviennent des cellules d’endométriose.

A chaque cycle menstruel, les cellules d’endométriose épaississent et saignent, comme l’endomètre. Ne pouvant s’évacuer par le vagin, elles vont s’accumuler et coloniser toujours davantage l’organisme. C’est de là que vont résulter les kystes sur les ovaires, les adhérences entre les organes et des lésions à la surface des tissus de l’abdomen.

Les symptômes de l’endométriose

Le gros problème pour les chercheurs et les médecins est qu’il n’y a pas une forme unique d’endométriose. Elle est multiple, se manifeste de manière différente chez chaque femme et son évolution diffère selon les cas. C’est pourquoi elle est souvent très longue à diagnostiquer, entre sept et dix ans. Il convient de mettre à part les femmes qui n’ont aucun symptôme et ne ressentent aucune douleur. Elles vivent tout à fait normalement jusqu’à ce que la maladie soit découverte - presque par hasard - lors d’un examen de l’abdomen ou lorsqu’elles essaient vainement de tomber enceintes, et que le diagnostic soit posé.

Les règles douloureuses représentent le facteur majeur de la découverte de la maladie. Pour les femmes atteintes par l’endométriose, les règles peuvent devenir une source de douleur récurrente, de la simple gêne à l’insoutenable menant parfois jusqu’à l’évanouissement. Ce mal a tendance à être passé sous silence parce que les femmes refusent de se plaindre, ont peur d’être traitées de douillettes, voire de mythomane et finissent par douter d’elles-mêmes face au scepticisme et aux moqueries. De nombreux témoignages attestent du soulagement au moment du diagnostic de la maladie de femmes désemparées, qui préfèrent finalement qu’on leur annonce une maladie incurable plutôt que de passer pour les menteuses et des geignardes. En cas de règles douloureuses récurrentes, il faut absolument consulter un gynécologue.

La formation des kystes provoque des irritations et les cellules d’endométriose créent une adhérence entre les organes qui les empêche de fonctionner correctement. Il en résulte certains symptômes :
  • Des douleurs dans le bas ventre fréquentes, même en dehors des périodes de règles
  • Des douleurs pendant et après les rapports sexuels
  • Si la vessie est touchée, une inflammation comparable à la cystite et du sang dans l’urine
  • Des saignements pendant les selles si le rectum est atteint
  • Des pertes brunâtres prémenstruelles
  • Les difficultés à tomber enceinte
  • Et aussi : des douleurs abdominales et lombaires, une intense fatigue, des troubles digestifs, des diarrhées, des constipations, du sang dans l'urine…

L’endométriose n’est pas une maladie à prendre à la légère. Bien qu’elle soit incurable aujourd’hui, il est indispensable de la détecter le plus tôt possible pour contenir son évolution, voire la faire régresser.
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